JB Tri : performer sans sacrifier sa vie

À Nice, l’atmosphère est particulière.

Les meilleurs triathlètes de la planète sont réunis pour les Championnats du monde IRONMAN 70.3. Sur la Promenade des Anglais, professionnels et amateurs se croisent à l’entraînement. Les marques sont présentes, les athlètes récupèrent leur dossard et, à quelques heures du départ, la tension commence doucement à monter.

C’est dans cette ambiance que nous avons posé nos micros avec JB Tri, à seulement deux jours de sa course.

Un triathlète amateur parmi les meilleurs de sa catégorie, mais également réalisateur, créateur de contenu et entrepreneur. Derrière les vidéos et les performances se cache surtout un parcours fait d’obsession, de progression, de remises en question et, aujourd’hui, d’une recherche beaucoup plus large : celle de l’équilibre.

Du rugby au triathlon : trouver son sport

Le triathlon n’a pas toujours fait partie de la vie de JB.

Avant l’endurance, il y avait le rugby, pratiqué pendant plus de quinze ans. Puis les études, le travail dans la vidéo et cette sensation d’avoir besoin de nouveaux défis.

Un marathon sans véritable préparation. Puis une inscription à un half-distance à Marbella.

Au départ, le triathlon n’est qu’un défi supplémentaire.

Mais quelque chose change lorsqu’il commence réellement à s’entraîner.

La régularité des séances lui apporte un équilibre mental qu’il ne connaissait pas jusque-là. S’entraîner chaque jour lui permet de canaliser son énergie, de structurer ses journées et de mieux gérer ses émotions.

Le sport devient progressivement bien plus qu'un moyen d'être performant.

Il devient une manière de se sentir mieux.

JB explique ainsi avoir découvert dans l’entraînement quotidien une forme de stabilité et l’impression de devenir une meilleure version de lui-même.

Puis arrive sa première compétition.

Et surtout, un résultat suffisamment bon pour déclencher une question que connaissent beaucoup de sportifs : jusqu’où pourrais-je aller si je m’entraînais vraiment ?

L’addiction à la progression

C’est probablement ce qui fascine le plus JB dans le triathlon : le lien presque immédiat entre le travail effectué et les résultats obtenus.

Dans son activité professionnelle, il avait parfois connu la frustration de produire un excellent travail sans avoir la garantie d’obtenir le contrat, le client ou la rémunération espérée.

Dans le triathlon, la logique lui semble différente.

Les données permettent de mesurer la progression. Les watts augmentent. Les chronos descendent. Le corps s’adapte.

Et lorsqu’il commence à s’entraîner davantage, il voit très rapidement les résultats.

Cette découverte devient presque addictive.

Jusqu’où peut-on pousser le corps lorsque l’on fait les choses correctement ?

Au fil des années, son niveau monte. Les championnats du monde arrivent. Les classements se rapprochent de l’avant de la course.

Et avec eux apparaît naturellement une autre idée : devenir professionnel.

Le rêve de devenir pro… puis celui de ne plus le devenir

Pendant un temps, obtenir le statut professionnel devient un véritable objectif.

Pas nécessairement pour construire une carrière de triathlète professionnel sur plusieurs années, mais presque comme une validation personnelle : atteindre un niveau suffisamment élevé pour pouvoir dire « je l’ai fait ».

JB estime qu’en se consacrant totalement au triathlon plus d’entraînement, plus de sommeil, moins de travail et une optimisation maximale de son quotidien  cet objectif aurait peut-être été atteignable.

Mais aujourd’hui, ses envies ont changé.

Il veut continuer à progresser, mais également travailler sur ses projets vidéo, voyager, découvrir d’autres disciplines, avoir une vie sociale et profiter davantage de son quotidien.

Et cette prise de conscience change complètement sa définition de la performance.

Il ne s’agit plus uniquement de savoir jusqu’où il peut aller, mais plutôt de savoir jusqu’où il a réellement envie d’aller.

Parce que les deux questions sont très différentes.

Quand la performance prend toute la place

Pendant plusieurs années, l’organisation de JB était relativement simple : s’entraîner, travailler et dormir.

Travailleur indépendant, il pouvait organiser ses journées autour de ses séances, quitte à monter ses vidéos le soir ou la nuit.

La performance était prioritaire.

Et tant que cet objectif était assumé, cette organisation pouvait fonctionner.

Mais lorsque d’autres choses commencent à prendre davantage de place, une vie de couple, des amis, de nouveaux projets professionnels : l’équation change.

JB commence alors à déléguer une partie de son travail, quitte à gagner un peu moins. Il accepte également de faire des concessions sur son entraînement et demande parfois des jours de repos à son coach, chose qu’il n’aurait quasiment jamais envisagée auparavant.

La recherche n’est donc plus celle de l’optimisation absolue.

Elle devient celle d’un système suffisamment performant pour avancer, mais suffisamment équilibré pour durer.

Transformer sa passion en métier

En parallèle de cette progression sportive, un deuxième projet commence presque par hasard.

JB est réalisateur vidéo.

En passant des heures à vélo ou à courir, il se demande naturellement comment mélanger son métier et sa nouvelle passion.

Il commence alors à publier du contenu autour de son entraînement.

Les premières vidéos trouvent progressivement leur audience. Puis l’une d’elles dépasse les 25 000 vues en seulement quelques heures.

La machine est lancée.

Au départ, l’ambition est claire : créer suffisamment d’audience pour pouvoir vivre de ses contenus et construire une vie professionnelle autour du triathlon.

La réalité sera évidemment plus longue. Les abonnés arrivent avant les revenus. Mais autre chose apparaît : une communauté.

Sur les courses, des inconnus viennent l’encourager. Des personnes qui suivent ses aventures depuis plusieurs mois ont l’impression de le connaître.

Et cette relation devient progressivement une motivation aussi importante que la perspective d'en faire un métier.

Les réseaux sociaux restent une entreprise

Cette proximité avec la communauté ne fait pourtant pas disparaître une réalité : la création de contenu est aussi un travail.

Les collaborations avec les marques reposent sur des statistiques, de la visibilité, une audience et des résultats mesurables.

JB préfère d’ailleurs parler de partenaires plutôt que de sponsors.

Une marque n’est pas là uniquement pour soutenir un athlète. Elle attend en retour du contenu, de la visibilité et une communication capable de servir ses objectifs.

L’humain intervient ensuite.

Lorsque la relation fonctionne bien, que la marque comprend le quotidien de l’athlète et partage certaines valeurs, la collaboration peut devenir beaucoup plus agréable.

Mais le socle reste professionnel.

Être soi-même devant une caméra

Depuis ses débuts, JB a également fait un choix important : ne pas construire de personnage.

Ayant travaillé avec de grands créateurs de contenu, il avait observé l’écart qui pouvait parfois exister entre la personne derrière la caméra et celle que l’on découvre dans les vidéos.

Lui ne voulait pas jouer ce rôle.

Calme, plutôt introverti, il a donc décidé de conserver cette personnalité dans ses contenus.

Avec un principe simple : être lui-même et voir si cela fonctionne.

Aujourd’hui encore, son travail évolue. Il cherche notamment à montrer davantage les moments de vie, les rires avec ses amis et tout ce qui existe autour de la performance.

Parce que raconter le sport ne consiste pas uniquement à montrer les séances et les chronos.

C’est aussi raconter la personne qui les vit.

Aux Championnats du monde pour courir… mais aussi pour raconter

Cette dualité entre athlète et créateur prend encore plus de sens à Nice.

JB est évidemment présent pour participer aux Championnats du monde. Mais il l’assume : sa semaine est également une semaine de travail.

Il tourne une vidéo YouTube, réalise des activations pour ses partenaires, rencontre d’autres créateurs, des marques et des athlètes.

La course devient ainsi une partie d’une histoire plus large. Pourtant, lorsque le départ sera donné, le créateur disparaîtra presque totalement. Une fois le bonnet mis et le dossard accroché, il redevient simplement un compétiteur.

Pendant la course, il ne réfléchit pas au montage ou au scénario de sa future vidéo. Il court. L’histoire sera construite après.

Et c’est justement cette incertitude qui rend le contenu intéressant : filmer suffisamment pour pouvoir ensuite raconter ce qui s’est réellement passé, plutôt que d’essayer de faire rentrer la réalité dans un scénario écrit à l’avance.

Le véritable objectif : une vie durable

Parce que derrière les classements, l’endurance lui a apporté quelque chose de beaucoup plus durable : la connaissance de son corps, une meilleure santé, la possibilité de pratiquer d’autres sports et un équilibre mental qu’il souhaite conserver toute sa vie.

Et peut-être que la performance se trouve finalement aussi là. Pas uniquement dans un chrono ou un classement. Mais dans la capacité à construire une pratique suffisamment exigeante pour continuer à progresser, sans qu’elle finisse par prendre toute la place.

JB continue de chercher ses limites.

Simplement, aujourd’hui, il sait qu’il existe une autre donnée à optimiser : être heureux en dehors de l’entraînement pour être meilleur lorsqu’il s’entraîne.


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