Pourquoi les cyclosportives sont devenues l'une des plus belles façons de voyager à vélo

Pendant longtemps, les cyclosportives avaient une image bien particulière.

On s'y inscrivait pour se mesurer aux autres.
Pour améliorer son chrono.
Pour grimper plus vite.
Pour voir jusqu'où son corps était capable d'aller.

Mais il suffit de discuter quelques minutes avec Noémie Rochard et Quentin Ruel pour comprendre que cette vision du cyclisme est en train d'évoluer.

Pour eux, aujourd'hui, une cyclosportive est devenue bien plus qu'une course.
C'est une porte d'entrée vers un pays.
Une manière de découvrir une culture.

Et parfois même une excuse parfaite pour partir à l'aventure.

Et si le vélo devenait un prétexte pour voyager ?

Lorsqu'ils regardent leur calendrier, Noémie et Quentin ne choisissent plus uniquement leurs épreuves en fonction du parcours ou du dénivelé.

Ils regardent aussi... la destination.

Ces dernières années, les deux Nantais ont pris le départ de plusieurs Étape by Tour de France Series, organisées aux quatre coins de l'Europe.
La Norvège.
La Slovénie.
La République tchèque.
La Grèce.
Autant de pays qu'ils n'auraient peut-être jamais découverts de cette manière sans le vélo.

Le plus surprenant, c'est que lorsqu'ils racontent ces expériences, ils parlent rarement de leur classement.

Ils évoquent plutôt les paysages.
Les rencontres.
L'ambiance sur le bord des routes.
Les souvenirs ramenés dans les valises.

Comme si, finalement, la course n'était plus que le point de départ du voyage.

Une ligne de départ qui ressemble à un Tour de France

Participer à une Étape by Tour de France Series, ce n'est pas seulement rouler sur un beau parcours.
C'est retrouver une partie de l'ambiance qui fait la magie de la Grande Boucle.

Des routes entièrement fermées à la circulation.
Des milliers de cyclistes réunis au même endroit.
Des villages d'animation.
Des supporters présents tout au long du parcours.

Dans certains pays, l'engouement dépasse même leurs attentes.

En Slovénie ou en République tchèque, les habitants sortent devant chez eux pour encourager les participants, comme ils le feraient lors du passage des professionnels. Certains installent même des ravitaillements improvisés devant leur maison. En Norvège, une famille leur tend des gaufres locales au bord de la route pendant la course.

Des petits détails qui transforment complètement l'expérience.

La Slovénie, la belle surprise

S'il ne fallait retenir qu'une destination, leur réponse est immédiate.

La Slovénie.

Pas parce que le parcours était le plus spectaculaire.
Ni parce que la course était la plus difficile.
Mais parce que le pays les a totalement surpris.

Avant d'y aller, ils n'avaient aucune attente particulière.
La Slovénie ne faisait pas partie de leur liste des destinations rêvées.
Et pourtant, quelques jours plus tard, ils repartaient avec l'impression d'avoir découvert l'un des plus beaux terrains de jeu pour les cyclistes.

Des routes impeccables.
Des montagnes accessibles.
Une ambiance chaleureuse.

Et surtout cette sensation d'être accueillis bien plus comme des invités que comme de simples participants à une course.

Le vélo permet de découvrir un pays autrement

C'est probablement ce qui revient le plus souvent dans leur échange.
Le vélo oblige à ralentir.

À traverser des villages où l'on ne se serait jamais arrêté.
À observer les paysages.
À échanger avec les habitants.
À emprunter des routes que l'on n'aurait jamais prises en voiture.

En quelques heures de selle, on découvre parfois davantage d'un territoire qu'en plusieurs jours de tourisme classique.

Et c'est précisément cette sensation que recherchent désormais Noémie et Quentin.
Le résultat de la course compte.
Mais il ne résume plus l'expérience.

Une autre façon de vivre la compétition

Cette évolution est aussi liée à leur manière de pratiquer le vélo.

Quentin vient de la compétition fédérale. Depuis son enfance, il enchaîne les courses FFC avec un objectif simple : performer.

Noémie, elle, découvre le vélo beaucoup plus tard.
Et en arrivant dans cet univers, elle découvre aussi les cyclosportives.

Très vite, elle entraîne Quentin avec elle.
Au départ, il est sceptique.
Puis il découvre une ambiance totalement différente.

Sur une cyclosportive, chacun vient avec son propre objectif.
Certains jouent la victoire.
D'autres cherchent simplement à terminer.
Et personne n'a vraiment besoin de justifier sa présence sur la ligne de départ.

Cette diversité change complètement l'atmosphère.
Les échanges sont plus simples.
L'entraide est plus naturelle.
La pression laisse davantage de place au plaisir.

L'Étape du Tour, un défi qui dépasse le chrono

S'il y a une épreuve qui symbolise cette philosophie, c'est évidemment l'Étape du Tour.

Chaque année, des milliers de cyclistes amateurs se lancent sur les mêmes routes que les professionnels.
Pour beaucoup, terminer représente déjà une victoire.
Et c'est aussi ce qui plaît à Noémie.

Elle rappelle qu'une Étape du Tour ne se prépare pas uniquement avec les jambes.
Il faut aussi accepter que la journée sera difficile.
Qu'il y aura forcément un moment de doute.

Et que c'est justement ce qui rend l'expérience si particulière.
Le défi est autant mental que physique.

Voyager grâce au vélo… et grâce aux rencontres

Au fil des années, les destinations se succèdent.

Mais ce ne sont pas forcément les paysages qui restent le plus longtemps en mémoire.
Ce sont les personnes croisées en chemin.

Les bénévoles.
Les habitants.
Les autres participants.
Les discussions à l'hôtel.
Les cafés partagés avant le départ.
Les encouragements reçus au sommet d'un col.

Toutes ces petites scènes qui n'apparaissent jamais dans un classement, mais qui donnent pourtant tout son sens au voyage.

Finalement, le plus beau souvenir n'est peut-être jamais le résultat

À la fin d'une cyclosportive, il reste bien sûr un temps.
Une place.
Quelques statistiques enregistrées sur le compteur.

Mais plusieurs années plus tard, ce sont rarement ces chiffres que l'on raconte.

On se souvient davantage de la route qui serpentait au milieu des montagnes slovènes.
De cette famille norvégienne qui distribuait des gaufres aux cyclistes.
Du village entier sorti applaudir des amateurs comme s'ils participaient au Tour de France.
Ou encore de cette destination que l'on n'aurait probablement jamais choisie sans un vélo et un dossard.

Et c'est peut-être là que les cyclosportives ont changé.

Elles ne sont plus seulement des rendez-vous sportifs.
Elles sont devenues une formidable façon de découvrir le monde… un coup de pédale après l'autre.


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