Mathis Desloges : Des médailles olympiques à l’étape du tour !

Quand on imagine un médaillé olympique, on pense souvent à son talent.

À ses qualités physiques. À son mental. À cette capacité à répondre présent le jour J.

Pourtant, lorsqu'on écoute Mathis Desloges raconter son parcours, on comprend rapidement que sa vision de la performance est bien différente. Pour lui, une médaille olympique ne se construit pas sur une journée.

Elle se construit des centaines de jours auparavant. Séance après séance. Repas après repas. Nuit après nuit.

Et surtout, grâce à une question qui revient sans cesse :

« Comment puis-je encore faire un peu mieux ? »

Le sport ne dure pas quatre heures par jour

À ceux qui lui demandent combien d'heures il s'entraîne quotidiennement, Mathis répond souvent trois ou quatre heures.

Une réponse qui fait parfois sourire, car beaucoup imaginent alors qu'il dispose d'un immense temps libre.

La réalité est tout autre. Un sportif de haut niveau ne travaille pas uniquement lorsqu'il s'entraîne : il travaille lorsqu'il dort, lorsqu'il mange, lorsqu'il récupère, lorsqu'il analyse ses données, lorsqu'il échange avec son entraîneur, lorsqu'il prépare la séance suivante.

Comme il le résume lui-même, il n'est pas skieur de fond seulement quelques heures par jour. Il l'est 24 heures sur 24.

La performance ne dépend jamais d'un seul facteur

Pendant longtemps, on résumait la progression à une idée simple : s'entraîner davantage. Aujourd'hui, les meilleurs athlètes savent que la réalité est beaucoup plus complexe.

Mathis parle aussi bien de nutrition que de sommeil, de récupération, d'altitude, de suivi des données, de stratégie de course ou encore d'organisation de son quotidien. Chaque détail compte, mais surtout, chaque détail doit avoir du sens.

Pour préparer les Jeux olympiques, il a choisi de travailler avec une nutritionniste parce qu'il estimait que cette composante pouvait lui faire gagner davantage que d'autres leviers. À l'inverse, il n'avait pas choisi d'être accompagné mentalement et avec le recul, il reconnaît que ce choix lui a probablement coûté dans la gestion de l'après Jeux.

Une preuve supplémentaire qu'il n'existe jamais de formule universelle : seulement des choix adaptés à chaque athlète.

Les champions doutent… en permanence

Ce qui surprend le plus dans son témoignage, c'est sans doute cette capacité à remettre son propre fonctionnement en question. À peine sélectionné pour les Jeux olympiques, Mathis ne célèbre pas vraiment l'événement. Il ouvre un tableur Excel : son objectif est déjà ailleurs.

Construire le plan qui lui permettra de décrocher une médaille olympique. Quelques mois plus tard, malgré trois médailles remportées, il continue pourtant à analyser ce qui aurait pu être amélioré :

  • La préparation.

  • La récupération.

  • La gestion émotionnelle.

  • La communication avec les médias.

Même le plus grand succès devient une nouvelle source d'apprentissage.

Pourquoi le cyclisme le fascine autant

S'il participe aujourd'hui à l'Étape du Tour, ce n'est pas uniquement parce qu'il aime rouler. Mathis admire profondément le cyclisme, il y voit un sport qui pousse très loin la recherche de la performance :

  • Nutrition

  • Capteurs

  • Analyse des données

  • Optimisation du matériel

  • Planification

Chaque détail est mesuré, testé et remis en question … Une philosophie dans laquelle il se reconnaît complètement. Il explique d'ailleurs suivre les grandes courses avec passion et échanger régulièrement avec des coureurs pour nourrir sa propre réflexion sur l'entraînement.

Copier n'a jamais suffi

Ce qui est intéressant, c'est que Mathis ne cherche jamais à reproduire exactement ce que font les autres. Il observe, il échange, il teste, puis il adapte.

Une méthode qui résume parfaitement sa manière de travailler. Selon lui, une préparation qui fonctionne une année ne fonctionnera pas forcément la saison suivante.

Parce que l'athlète, le sport et les connaissances évoluent. La meilleure méthode est donc celle que l'on continue de remettre en question.

Le paradoxe des Jeux olympiques

L'un des passages les plus marquants de l'épisode concerne pourtant l'après. Mathis raconte avoir consacré plusieurs mois à préparer un objectif unique : décrocher une médaille olympique. Lorsque ce rêve devient réalité, il n'a pourtant pas le temps d'en profiter car à peine la première médaille remportée, il pense déjà à la course suivante.

  • Comment récupérer.

  • Comment reproduire la performance.

  • Comment aller chercher une deuxième médaille. Puis une troisième.

Ce n'est qu'après les Jeux qu'il réalise à quel point il avait oublié de vivre pleinement ces instants… Une expérience qui lui fait aujourd'hui considérer différemment l'importance de la préparation mentale.

Une recette qui n'existe pas

À la fin de l'épisode, une idée revient constamment : il n'existe pas de recette miracle. Ni dans le ski, ni dans le cyclisme, ni dans aucun sport d'endurance.

Il existe seulement un processus :

  • Observer

  • Tester

  • Comprendre

  • Adapter

Puis recommencer, encore et encore.

C'est peut-être cette curiosité permanente, bien plus que les datas, qui sépare souvent les très bons athlètes des plus grands champions.


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