L’apport du cyclocross / VTT sur les performances route, l’exemple de Van Der Poel (avec Jimmy Turgis) 

Mathieu Van der Poel sur un vélo de route, c’est souvent la même image : un coureur qui semble jouer à un autre sport que les autres. Des attaques tranchantes, une aisance dans les relances, une capacité à passer partout, tout le temps. Et si ce n’était pas seulement une question de talent brut ? Dans cet épisode, Jimmy Turgis apporte un éclairage précieux sur un élément clé du puzzle : l’héritage du cyclocross… et du VTT. 

Derrière les exploits du Néerlandais se cache en réalité une construction bien plus méthodique qu’il n’y paraît, où les disciplines dites « annexes » jouent un rôle central dans la performance sur route. 

Van der Poel, un ovni… formé hors des sentiers battus 

Quand on parle de Mathieu Van der Poel, le mot « polyvalence » revient systématiquement. Cyclocross l’hiver, route au printemps, VTT l’été : pour beaucoup, ce grand écart relève presque de la fantaisie. Pourtant, pour Jimmy Turgis, cette diversité n’est pas un luxe, mais un véritable socle de performance. 

Le cyclocross, en particulier, impose des contraintes très spécifiques : changements de rythme incessants, efforts explosifs, pilotage précis, relances violentes à faible vitesse. Autrement dit, tout ce que la route moderne exige… mais de façon condensée. 

Cyclocross : l’école de la puissance et de la relance 

Sur route, les moments clés se jouent rarement sur des efforts parfaitement lissés. Ils surgissent dans les virages, après un freinage, sur une bordure ou une côte courte. Et c’est précisément là que le cyclocross laisse des traces durables. 

C’est aussi une discipline qui apprend à accepter l’inconfort. Quand on passe une heure à alterner boue, portage et sprints, une attaque à 60 km/h en sortie de rond-point paraît presque confortable. 

Le VTT : quand le pilotage devient un avantage tactique 

Si le cyclocross forge le moteur, le VTT affine le contrôle. Sur route, Mathieu Van der Poel se distingue souvent par sa trajectoire, sa capacité à rester fluide là où d’autres se crispent. 

Pour Jimmy Turgis, ce n’est pas un hasard. Le VTT développe une lecture fine du terrain, une anticipation permanente et un engagement corporel total. Le vélo n’est plus seulement un support de puissance : il devient une extension du corps. 

Dans les finales nerveuses, sur chaussée dégradée ou dans les descentes techniques, cet avantage est décisif. Là où certains coureurs freinent, Mathieu Van der Poel continue d’appuyer. 

Coordination, gainage, explosivité : un athlète complet 

Un autre bénéfice souvent sous-estimé du cyclocross et du VTT réside dans le travail musculaire global. Ces disciplines sollicitent fortement le haut du corps, le gainage et la coordination. 

Sur route, cela se traduit par une meilleure stabilité, notamment lors des sprints ou des efforts en danseuse. Mathieu Van der Poel ne « subit » pas son vélo : il le domine. 

Jimmy Turgis rappelle que cette dimension athlétique est de plus en plus centrale dans le cyclisme moderne. Le coureur uniquement endurant laisse progressivement place à des profils plus complets, capables de répéter des efforts explosifs tout en restant techniquement irréprochables. 

Peut-on tous devenir Van der Poel ? 

Évidemment non. Mais faut-il pour autant réserver ces enseignements à l’élite ? Là encore, la réponse est claire : non. 

Sans viser une carrière multi-disciplines, intégrer ponctuellement du VTT ou des exercices inspirés du cyclocross peut enrichir la préparation d’un cycliste amateur. Travail de relance, maniabilité, équilibre, renforcement musculaire… les bénéfices dépassent largement le simple cadre du plaisir. 

Comme le souligne Jimmy Turgis, l’enjeu n’est pas de multiplier les disciplines, mais de mieux comprendre ce qu’elles apportent. Mathieu Van der Poel n’est pas performant malgré le cyclocross et le VTT, il l’est grâce à eux. 


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